CÉAS de la Mayenne
29, rue de la Rouillère
53000 Laval
Tél. 02 43 66 94 34
Mél. ceas53@wanadoo.fr

 

ACTUALITÉS

<< <  Page  36 sur 42  > >>

03/06/2013

Consulter l'ensemble des "CÉASsement vôtre !"

France Info, spécialiste des maisons de retraite :
un beau bâtiment, c'est plus important que la chaleur humaine !

Le mercredi 22 mai 2013, France Info a révélé en exclusivité son classement 2013 des « maisons de retraite ». « Quelque 10 400 établissements, publics, privés et associatifs, visités et notés, peut-on lire sur le site Internet de France Info (1), sont passés au crible, le fruit d’une enquête de huit années. Que nous apprend ce classement ? Quels sont les départements les mieux notés ? Combien de maisons de retraite obtiennent 10/10 ? » Pour booster ses ventes, la presse écrite s’est lancée depuis plusieurs années dans des palmarès. Le résultat est souvent piteux, mais on peut comprendre l’enjeu commercial…

Par contre, qu’une radio publique d’information se lance dans une telle opération, voilà qui est déconcertant ! Au moins attendrait-on d’une radio publique qu’elle valide un travail irréprochable – c’est loin d’être le cas !

Parmi les protagonistes de l’opération, on trouve David Jacquet, coresponsable de l’enquête, et Patrick Lelong, journaliste au service économique de France Info. Tout est ici un méli-mélo entre une radio publique, une société d’édition (J.T.L. Éditions, Paris) et, à l’intérieur de celle-ci, un « service d’informations, de conseils et d’orientation vers une maison de retraite », « Maison De Retraite Sélection » (MDRS), dont on perçoit difficilement quel est le statut. Au final, une promotion exceptionnelle par France Info, un site Internet où l’on retrouve le classement des « maisons de retraite » et les fiches descriptives (www.maison-retraite-selection.fr/) et, enfin, un ouvrage que David Jacquet et Patrick Lelong publient aux éditions J.T.L. (dont le premier est apparemment le gérant) : Le Guide de la dépendance – Mieux vivre le 4ème Âge et le handicap. La quatrième édition est parue en avril 2012 : 600 pages, dont de pleines pages de publicité (29 euros).

Autant de moyens mobilisés pourrait donner à penser qu’on peut accorder du crédit à cette initiative. On pourrait même penser qu’il s’agit d’un vrai service rendu au public, mais aussi aux établissements eux-mêmes puisqu’on irait porter un regard distancié sur leurs prestations…

Une méthodologie douteuse

D’emblée, on peut regretter que les auteurs mélangent, sous le titre « maisons de retraite », des établissements aussi différents que peuvent l’être des unités de soins de longue durée (USLD), des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), des résidences services, des logements foyers ou même des maisons d’accueil rurales pour personnes âgées (Marpa)…

En réalité, la démarche n’est pas crédible. Elle est même déloyale vis-à-vis des équipes professionnelles. Pour décréter que tel établissement est « excellent » ou, au contraire, qu’il est « médiocre », « déconseillé », « à fermer »… les auteurs s’appuient sur une et une seule visite, d’ailleurs anonyme. « Notre but n’est pas de piéger les établissements, mais de ne pas bénéficier d’accueil privilégié, ni de susciter de crainte »… Soit !

Cela veut dire aucun contact avec les résidents, les familles, différents professionnels de l’établissement, les organismes de tutelle… Pas de rencontre avec le Conseil de la vie sociale (son existence même ne fait d’ailleurs pas partie des critères d’évaluation)… Aucune consultation de sources documentaires (projet d’établissement, enquêtes de satisfaction, rapports d’évaluation…). C’est vrai que cela prendrait du temps !

Une et une seule visite, et anonyme… et dont la date peut remonter à plusieurs années, comme si aucune évolution, dans un sens ou dans l’autre, ne pouvait intervenir !

Par exemple, tel établissement aujourd’hui flambant neuf, est présenté comme « un bâtiment très vieux » avec des chambres qui n’ont pas de douche et des lieux de vie qui « n’ont ni confort, ni charme »… Mais la date de la visite n’explique pas tout : tel autre établissement obtient un très moyen 5/10. Normal : « Les animations sont rares ». Pourtant, cet établissement est connu dans toute la France pour son association d’ « amis » qui comprend une soixantaine de bénévoles ! On pourrait multiplier les exemples…

Les critères favorisent le privé lucratif

Le barème de notation et d’évaluation, sur dix points, en accorde cinq à l’environnement de l’établissement et aux locaux mêmes. Concrètement, les enquêteurs sont manifestement plus sensibles au cadre qu’à la qualité de vie et de soins.

On comprend ainsi que le « palmarès » fait la part belle aux établissements privés à but lucratif qui ont pratiquement tous pour caractéristique, historiquement, d’être des constructions récentes. Les tarifs, c’est autre chose…

Tout de même surprenant qu’un Guide de la dépendance n’accorde qu’un seul point à l’« attention du personnel » (disponibilité, dévouement, chaleur humaine) – évaluée de façon complètement subjective à l’occasion d’une seule visite qui ne permettra pas d’entrer dans l’intimité de la relation et du soin.

De fait, on attendrait un intérêt tout particulier aux pratiques de soins. Eh bien non ! Le seul indicateur qui s’en approche, c’est la « médicalisation ». Pour les auteurs (et donc France Info qui cautionne), un bon établissement, c’est un établissement qui emploie « kinésithérapeute, ergothérapeute, musicothérapeute, psychomotricien, diététicienne »… Et les compétences de chacun importent peu : on peut rudoyer les résidents, ce n’est pas une préoccupation essentielle des enquêteurs !

Au demeurant, les notes attribuées sont « pondérées par l’impression générale ». Cela fait penser aux sondages politiques ! Jusqu’à quelle hauteur l’impression générale peut-elle modifier la note attribuée ? Sans doute un secret maison.

« Nous ne venons pas du milieu médico-social », reconnaissent les auteurs. Pourrait-on leur conseiller d’élargir les compétences de leur équipe, ou bien d’acquérir eux-mêmes ces compétences, mais en tout cas de faire quelque chose ?

Sur le site Internet de MDRS, un chapitre sur la médicalisation est instructif. Le médecin coordonnateur devient « coordinateur ». Ses fonctions pourraient prêter à débat (« il suit les résidents, coordonne les soins, renouvelle les ordonnances »). Infirmiers et aides-soignants sont forcément des femmes. Et, surtout, on a toujours affaire à la « Ddass » - et non pas à l’Agence régionale de santé, ce qui est le cas tout de même depuis plusieurs années (2010) !

Ce prétendu classement 2013 des « maisons de retraite »  ressemble bien à une opération promotionnelle douteuse, favorable à une catégorie d’établissements. Volontairement ou non, l’indigence de l’analyse porte préjudice à d’autres établissements dont les prestations éventuellement de qualité n’ont pu qu’échapper à des enquêteurs très pressés. Peut-on penser que le crédit de France Info s’en trouve consolidé ?

______________

(1)http://www.franceinfo.fr/liste/maison-de-retraite (consulté le 23 mai 2013).

29/05/2013

Qualité et continuité de service dans l'aide à domicile. Éthique et pratiques des transmissions d'information

Le métier d’aide à domicile est complexe de par les principes d’intervention qui peuvent s’avérer contradictoires : respect de l’autonomie de la personne mais prise en compte des enjeux de sécurité ; obligation de discrétion mais importance des transmissions d’information pour un travail en équipe ou en coordination… Nous nous attachons néanmoins à fournir des repères qui aideront les aides à domicile à apporter des réponses adaptées. En aucun cas, ces réflexions ne peuvent exonérer l’aide à domicile d’une réflexion pour prendre en compte les spécificités d’une situation.

28/05/2013

La Lettre du CÉAS n° 293 de mai 2013

La Lettre aborde, ce mois-ci, l'Histoire et le patrimoine, l'Insertion, les Médias, la Politique, la Santé publique... sans oublier les Actualités statistiques, les Publications locales en revue et La Mayenne, on en parle...

Accéder au sommaire détaillé

 

 

21/05/2013

Consulter l'ensemble des "CÉASsement vôtre !"

Service civique : rien ne sert de proposer, il faut raison garder...

Patrick Hetzel, député UMP du Bas-Rhin, et une quarantaine de députés (dont le Mayennais Yannick Favennec, UDI) ont déposé une proposition de loi visant à rendre obligatoire le service civique… lequel repose aujourd’hui sur l’engagement volontaire.

On peut difficilement faire des reproches aux députés d’envisager une telle ineptie : en effet, en 2007, plusieurs candidats à l’élection présidentielle s’étaient prononcés en faveur d’une disposition similaire.

Les députés justifient leur proposition en s’appuyant sur « un récent sondage TNS Sofres » selon lequel « 89 % des anciens volontaires se disent satisfaits de leur mission ». C’est oublier un peu vite que la très grande majorité, forcément, préfèreraient un emploi intéressant, à durée indéterminée et à temps plein ! Finalement, toute l’argumentation des députés repose sur ce seul sondage auprès d’anciens volontaires satisfaits de leur expérience : c’est un peu rapide.

Les députés n’ont pas fourni un gros effort d’analyse et sont tombés dans la facilité. En particulier, ils ont oublié un point essentiel : pour chaque jeune qui effectue une mission de service civique, il faut nécessairement une structure d’accueil (collectivités territoriales, associations…). Et aussi un tuteur chargé du suivi de la mission et de l’accompagnement du jeune.

Il est facile de décider que le service civique devient obligatoire ; plus difficile et même quasi impossible de trouver les structures d’accueil. Ou alors il convient de supprimer tous les stages obligatoires dans le cadre des formations scolaires, universitaires, professionnelles… Et de supprimer tous les contrats aidés dans le secteur non marchand… Dans les deux cas, ce n’est pas dans l’air du temps, c’est même plutôt l’inflation.

13/05/2013

Avec une diffusion payée de 748 000 exemplaires, Ouest-France domine la presse écrite

L’association OJD a pour objet de certifier la diffusion des journaux, périodiques et autres supports de publicité. La diffusion exprime le nombre moyen d’exemplaires vendus par numéro (diffusion payée). Cet indicateur est donc différent du tirage (nombre d’exemplaires qui sortent de l’imprimerie) et de l’audience (laquelle tient compte du nombre de lecteurs par exemplaire diffusé).

13/05/2013

Consulter l'ensemble des "CÉASsement vôtre !"

Quand Luc Ferry veut jouer dans la cour des grands penseurs…

Hannah Arendt, film de la réalisatrice allemande Margarethe Von Trotta, est sorti dans les salles, en France, fin avril 2013. Dans Le Figaro du 9 mai 2013, Luc Ferry consacre sa chronique à « Hannah Arendt et la banalisation du mal ». Du film, on saura seulement qu’il a remporté « un succès retentissant en Allemagne ». C’est à Hannah Arendt même que Luc Ferry choisit de s’attaquer.

Le film met en scène Hannah Arendt (1906-1975), philosophe ou, comme elle préférait se présenter, professeure de théorie politique. Plus précisément, le film se focalise sur la période du procès de l’ancien officier SS Adolf Eichmann. Ce procès se déroule à Jérusalem en 1961. Hannah Arendt le couvre comme envoyée spéciale pour un magazine américain. Elle y publie une série d’articles en 1963, puis un ouvrage : Eichmann à Jérusalem – Étude sur la banalité du mal. Ses écrits soulèvent une importante polémique.

À l’occasion de la sortie du film, Luc Ferry croit utile d’ajouter sa contribution à cette polémique. Selon lui, Hannah Arendt « a commis dans cette affaire deux erreurs monumentales ». La première est de « n’avoir suivi qu’une partie infime du procès, à rebours de ce qu’elle s’était engagée à faire ». Luc Ferry livre-t-il un nouveau scoop ? Il a obtenu cette « information » directement de l’historien Raul Hilberg (1926-2007), qui avait publié, en 1961, La Destruction des Juifs d’Europe. Selon les « confidences » de Raul Hilberg à Luc Ferry, Hannah Arendt n’aurait assisté qu’au tout début du procès – ce qui l’amène à défendre une thèse (la banalité du mal) que Luc Ferry juge « absurde ».

Au demeurant – sans entrer dans le débat de fond –, citons Michelle-Irène Brudny-de Launay qui évoque, dans sa présentation de Eichmann à Jérusalem publié chez Gallimard (coll. « Folio/Histoire », 2012), une erreur que commet Raul Hilberg, « semble-t-il », sur la date à laquelle Hannah Arendt quitte Jérusalem au cours du procès. Michelle-Irène Brudny-de Launay s’appuie sur la correspondance entre Hannah Arendt et Karl Jaspers. Pour accréditer sa critique, Luc Ferry se contente du seul témoignage de Raul Hilberg, lequel prête forcément à caution du fait des relations entre l’historien et la philosophe.

Quoi qu’il en soit, un départ rapide de Jérusalem, au procès d’Adolf Eichmann, pourrait-il suffire à balayer d’un coup de plume toute la pensée d’Hannah Arendt, qu’elle met d'ailleurs plus d’une année à mûrir (elle ne publie qu’en 1963) ?

Mais, selon Luc Ferry, Hannah Arendt est censée avoir commis une seconde erreur. Sa principale « bévue » serait que « son interprétation est toute bouclée d’avance. Elle a décidé depuis belle lurette (…) de plaquer mécaniquement les schémas de pensée de son maître et amant Heiddeger sur l’essence du nazisme ».

Penser est le propre de l’Homme (en principe)

Traduction des accusations de Luc Ferry : Hannah Arendt est une femme, incapable de penser de façon autonome ; elle est toujours sous la coupe de son (ancien) amant, alors âgé de 72 ans en 1961. Pourtant, elle vit aux Etats-Unis ; lui en Allemagne. « Quant à la position de Hannah Arendt par rapport à l’engagement de Heiddeger face au nazisme, écrit la philosophe belge Françoise Collin dans Les Cahiers du GRIF en 1988, (…) elle témoigne au contraire d’une grande fermeté et d’un grand courage de ses opinions lorsque (…) elle dénonce l’aveuglément de celui-ci »

Mais Luc Ferry en a décidé autrement : la thèse d’Hannah Arendt sur la banalité du mal, « pour apparemment sophistiquée qu’elle soit, ne tient pas la route ». Tout n’est qu’une « colossale méprise d’une intellectuelle piégée par des abstractions ».

Nous retiendrons deux choses : lire (ou relire) Eichmann à Jérusalem ; aller voir (ou revoir) au cinéma Hannah Arendt de Margarethe Von Trotta. Pour les plus zélés, il est possible de lire La Destruction des Juifs d’Europe (Gallimard, coll. « Folio/Histoire », 2006, 3 vol.). Hannah Arendt mentionnait cet ouvrage dans sa bibliographie de Eichmann à Jérusalem ! On peut aussi s’intéresser aux chercheurs en psychologie sociale, contemporains d’Hannah Arendt et qui apportent un éclairage complémentaire : Stanley Milgram (1933-1984) et sa « soumission à l’autorité » (expérimentation réalisée de 1960 à 1963), ou encore Philip Zimbardo (né en 1933) et son « expérience de Stanford » (1971) ; sans oublier la mésaventure du professeur Ron Jones (né en 1941) et sa « Troisième Vague » de 1967…

07/05/2013

Il y a 2,8 millions de chômeurs en France... Non ! 4,3 millions de demandeurs d'emploi

Quand on utilise les statistiques, il faut savoir de quoi on parle ! Saluons l’initiative de l’Insee qui a publié un document très pédagogique sur la mesure du chômage.

07/05/2013

Avec Erminio le Milanais ou Le Chant du Pluvier, Erwann Surcouf s'illustre dans la BD

Erwann Surcouf, un Lavallois passionné de dessin et de bande dessinée, a parcouru la France pour apprendre le métier d’illustrateur à travers plusieurs formations. Avec diverses collaborations, il a produit des illustrations inattendues. En passant par les ouvrages pour enfants et pour adultes, il a su diversifier sa palette.

 

06/05/2013

Consulter l'ensemble des "CÉASsement vôtre !"

L'Igas et Le Figaro "fusillent" l'Institut Pasteur

Le vendredi 3 mai 2013, Le Figaro publie ce que l’on appelle un « scoop » : « Un rapport met en cause la gestion de l’Institut Pasteur. L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) dénonce des artifices comptables. La directrice générale conteste ces conclusions ». L’information est reprise en boucle par les radios et télévisions d’information, également sur des sites Internet d’information.

Auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs, tous retiennent, dans un contexte sans fin d’« affaires », que l’Institut Pasteur va allonger la liste, en l’occurrence que l’argent des donateurs n’est pas utilisé comme il devrait l’être, pire qu’il doit y avoir non seulement des problèmes de gouvernance, de gestion, mais aussi des problèmes de détournement de fonds à l’Institut Pasteur. Bref, il ne manque que les détails sur les poursuites judiciaires, mais qui ne vont sûrement pas manquer de suivre…

On oublie la toute première question que tout citoyen devrait se poser : comment Le Figaro a-t-il pu disposer de l’information, apparemment en exclusivité, avant même que l’Igas ne rende public son rapport ? La « fuite » vient-elle de l’Igas, ou bien alors de l’Institut Pasteur ?

Les journalistes, d’une façon générale, n’aiment pas « se faire griller ». Dans son édition des 4 et 5 mai 2013, Ouest-France consacre seulement une soixantaine de lignes, sur deux colonnes, à l’« affaire » (« La gestion de l’Institut Pasteur critiquée »). Libération, seulement un écho d’une dizaine de lignes. Aujourd’hui en France ou La Croix ignorent le rapport de l’Igas. Le Monde, dans son édition des 5 et 6 mai, revient tardivement sur le dossier (« La gestion financière de l’Institut Pasteur étrillée par un rapport de l’Igas »). Environ quatre-vingt-dix lignes à l’« accusation » pour quinze lignes accordées à l’Institut Pasteur : Le Monde a choisi son camp.

Trois tomes et plus de 400 pages

Pour comprendre ce dossier, il faut savoir que l’Igas a fait scrupuleusement son travail : elle est intervenue « au titre de l’article 42 de la loi du 28 mai 1996 pour contrôler la gestion par l’Institut Pasteur des ressources collectées auprès du public et des subventions reçues par la fondation » (synthèse du rapport). Le contrôle a porté sur les exercices 2009, 2010 et 2011. Au final, un rapport en trois tomes, respectivement de 111 pages (rapport définitif), 176 pages (annexes) et de 123 pages (réponses de l’Institut Pasteur et observations de l’Igas). Bref, un peu plus de 400 pages, dans lesquelles sont noyées les réponses de l’Institut Pasteur.

Nous avons vu que l’article du Figaro a eu un effet dévastateur – même s’il est très bien construit car contradictoire (la directrice générale de l’Institut Pasteur étant elle-même interviewée).

Le problème est suffisamment grave pour que l’Institut Pasteur mette en ligne une réponse sur son site Internet. Le titre et les intertitres se veulent des réactions au contenu du rapport de l’Igas : « L’Institut Pasteur conteste vivement le rapport de l’Igas »… Il « est transparent dans l’appel à la générosité publique »… Il « a une gestion prudente lui garantissant la pérennité nécessaire à l’accomplissement de ses missions de recherche »… « Les statuts de l’Institut Pasteur ont été approuvés par arrêt du ministre de l’Intérieur du 21 novembre 2008 sur avis favorable du Conseil d’État »…

Deux ministres manifestement embarrassées…

L’Igas est un service interministériel… ce qui ne constitue aucunement une garantie contre l’excès de zèle ! Toujours est-il que ce même 3 mai 2013, le ministère des Affaires sociales et de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche diffusent un communiqué de presse commun, non pas pour critiquer les méthodes de leur Inspection générale (tout de même pas !), mais pour minimiser les enjeux consécutifs à ses « découvertes ». On apprend tout d’abord que c’est la ministre des Affaires sociales et de la Santé qui a demandé la mise en ligne immédiate, dès le 3 mai, du rapport complet sur le site de l’Igas.

Les deux ministres rappellent que les conclusions de l’Igas ne portent pas sur l’activité scientifique de l’Institut Pasteur, mais plutôt sur l’interprétation et l’application par celui-ci des règles comptables et fiscales applicables aux fondations, ainsi que sur la traçabilité des dons, sur les statuts et la gouvernance qui « s’éloignent sur certains points des dispositions-types recommandées pour les fondations reconnues d’utilité publique ». Mais si elles sont « recommandées », c’est qu’elles ne sont pas obligatoires ?

Sans entrer dans le détail du communiqué de presse des deux ministres, retenons la conclusion : « Elles tiennent à exprimer leur confiance dans l’excellence de la recherche menée par l’Institut et ses missions dans le monde par le biais du réseau international des instituts Pasteur, ainsi que dans la capacité de la gouvernance à assurer la qualité de ses relations avec les donateurs et avec ses partenaires scientifiques ».

Si les problèmes étaient si graves que cela à l’Institut Pasteur, les deux ministres prendraient-elles le risque de le soutenir ? Fallait-il vraiment un rapport de 400 pages pour en arriver-là ? Le Figaro et les autres médias qui se sont précipités sur l’« affaire » pourront-ils jamais réparer le tort commis auprès de l’Institut Pasteur ?

02/05/2013

Consulter l'ensemble des "CÉASsement vôtre !"

Les "si" de CSA pour repositionner Nicolas Sarkozy

Voilà le sondage le plus stupide de l’année : un sondage CSA pour BFMTV intitulé : « Les Français et François Hollande ». Techniquement, il s’agit d’un sondage par Internet réalisé du 26 au 28 avril 2013 auprès d’un échantillon national représentatif de 1 027 personnes âgées de 18 ans ou plus, constitué selon la méthode des quotas.

Le fait même que ce sondage a été réalisé par CSA et qu’il concerne François Hollande prête à suspicion. L’institut CSA, c’est le groupe Bolloré (à 100 %), donc Vincent Bolloré, le même qui, en 2007, met son jet privé et son yacht personnel à la disposition de Nicolas Sarkozy tout juste élu président de la République.

Nous considérons ce sondage stupide car la première question prend pour hypothèse que le premier tour de l’élection présidentielle a lieu « dimanche prochain » et les personnes interrogées ont alors le choix entre les dix candidats du premier tour du 22 avril 2012.

C’est stupide car en avril 2013, on ne peut pas refaire l’histoire. François Hollande est bien le président de la République, démocratiquement élu, et ce jusqu’en 2017. Bien évidemment, les résultats du sondage CSA sont défavorables à François Hollande (19 % des voix, derrière Nicolas Sarkozy avec 34 % et Marine Le Pen avec 23 %). Mais quels auraient été les scores si Nicolas Sarkozy était resté un an de plus à l’Elysée ? Les scores seraient-ils aujourd’hui très différents de ceux du 22 avril 2012 (François Hollande 29 % ; Nicolas Sarkozy 27 % ; Marine Le Pen 18 %) ?

Notons que si l’échantillon comprenait 1 027 personnes, l’institut CSA n’a retenu, pour les intentions de vote, que les électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 993 personnes. On sait, par ailleurs, que 16 % n’ont pas exprimé d’intention de vote. Autrement dit, le sondage porte sur un échantillon de seulement 834 personnes. L’institut CSA reconnaît une marge d’erreur de +/- 2,5 points, ce qui laisse ainsi une incertitude sur le candidat (Marine Le Pen ou François Hollande) qui serait au second tour avec Nicolas Sarkozy… De fait, quand on annonce 23 % pour Marine Le Pen, ce peut être tout aussi bien 20,5 %, et quand on annonce 19 % pour François Hollande, ce peut être tout aussi bien 21,5 % !

L’institut CSA sonde son échantillon sur un hypothétique duel, au second tour, entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen d’une part, François Hollande d’autre part, mais ne juge pas utile d’explorer une confrontation entre François Hollande et Marine Le Pen, et pourtant, l’hypothèse aurait été tout aussi plausible si Nicolas Sarkozy avait vu son mandat prolongé d’une année…



<< <  Page  36 sur 42  > >>